One Health Scorecard
Communauté de pratique
Le One Health Scorecard a été élaboré grâce à une collaboration entre l’OMS TDR, quatre groupes de recherche africains et Global Health Group International, dans le but d’améliorer la santé locale par une mise en œuvre guidée d’une gestion transdisciplinaire et adaptative dans le contexte des systèmes socio-écologiques. Il s’appuie sur une initiative de recherche conjointe du TDR et du CRDI sur les maladies à transmission vectorielle et les changements climatiques (2012-2017), dont une réunion d’étape s’est tenue à Brazzaville en 2019. Site Internet du TDR
L’objectif de cette communauté de pratique est de fournir un moyen interactif de planification, d’apprentissage, d’amélioration, de réseautage, de communication, d’échange d’informations, de collaboration et d’évaluation objective de la maturité du programme pour toute personne tentant d’appliquer et de mettre en œuvre le concept « Une seule santé » tel que décrit ci-dessous.
Contexte
Bien que le concept « Une seule santé » ait été formulé pour la première fois il y a vingt ans, sa mise en œuvre s'est avérée complexe. Ce n'est que récemment qu'il a été possible de commencer à traduire ses principes fondamentaux, tels que proposés initialement par ses créateurs, en un cadre méthodologique et de recherche fondé sur des données probantes.
Il convient de noter que le groupe à l'origine du concept « Une seule santé » s'intéressait au problème croissant des zoonoses émergentes et réémergentes. Si d'autres définissent aujourd'hui « Une seule santé » de manière plus large, ses principes et concepts fondamentaux restent néanmoins pertinents. La recherche méthodologique, aujourd'hui désignée sous les termes de recherche sur la mise en œuvre ou de science, est particulièrement applicable et essentielle à la réussite des interventions, qu'il s'agisse d'atténuer le risque d'émergence de maladies ou de relever tout autre défi sanitaire. Ce domaine s'est développé relativement récemment.

Il en va de même pour la prise en compte des principaux principes initialement proposés : l’application d’une approche transdisciplinaire et écosystémique, centrée sur l’interface homme-animal-environnement. Si cette dernière est particulièrement pertinente dans le contexte de l’émergence des zoonoses, cette « interface » sous-entend l’écologie, l’étude des interactions entre les espèces, notamment dans une perspective systémique. Par conséquent, cette perspective, et ce que l’on appelle généralement l’approche écosystémique, la gestion écosystémique, voire la gestion fondée sur les écosystèmes, est essentielle à la compréhension et à la mise en œuvre des efforts visant à assurer le maintien, voire la restauration, des environnements humains – ou plus précisément, des systèmes humains-naturels sains.
Pour être durables, ces systèmes doivent non seulement l'être, mais aussi préserver la santé humaine, celle des animaux domestiques, des espèces et variétés cultivées, ainsi que celle des communautés naturelles (plantes, animaux et micro-organismes). Un autre développement crucial de ces vingt dernières années a donc été la maturation du champ de recherche et d'intervention associé au cadre des systèmes socio-écologiques. Ce cadre englobe un ensemble de théories, de principes, de concepts et de procédures qui combinent (et recoupent en réalité) ceux de la recherche sur la mise en œuvre. À l'instar de la gestion des écosystèmes, dont le cadre des systèmes socio-écologiques est principalement issu, la recherche sur la mise en œuvre s'attaque à des problèmes concrets ; c'est-à-dire aux défis qui se posent en dehors des cliniques et des laboratoires, au sein des communautés locales, des districts, voire des institutions de santé. La conception des recherches cliniques, en laboratoire et même épidémiologiques est largement axée sur le contrôle des variables afin d'isoler et d'identifier potentiellement les relations causales et de comprendre les mécanismes sous-jacents.
Dans la réalité, ce que l'on appelle parfois le « monde réel », très peu de choses sont contrôlables. En fait, dans le système étudié ou soumis à une intervention, les variables sont incontrôlables. Toute tentative en ce sens peut même avoir des conséquences négatives. Reconnaître cette distinction entre les systèmes contrôlables et les systèmes avec lesquels nous interagissons dans la réalité, techniquement appelés « systèmes adaptatifs complexes », est essentiel pour comprendre et concevoir des interventions et des problématiques de santé globale. Bien que les chercheurs et les professionnels du domaine « Une seule santé » n'aient pas besoin de maîtriser en détail les systèmes adaptatifs complexes, domaine principalement réservé aux physiciens et aux écologues des systèmes théoriciens, il est essentiel de comprendre la différence fondamentale entre les systèmes habituels sur lesquels nous menons nos recherches et les systèmes réels. Le cadre des systèmes socio-écologiques constitue actuellement l'ensemble de théories, de concepts, de principes et de pratiques le plus largement accepté pour évaluer et mener des interventions appliquant la science des systèmes adaptatifs complexes.